Bouteille, ô ma bouteille en plastique, dis-moi qui est la plus belle ?

Le lancement du Yop Crea Lab, à Andokoi ce samedi 2 février 2019, a été l’occasion de découvrir des projets qui pourraient prendre vie dans ce futur « espace de création libre et numérique ». Au nombre des exposants de ce jour, Véronique Moh. Créatrice d’accessoires de mode et objets de décoration entièrement faits à partir de bouteilles en plastique. Découverte d’une bricoleuse engagée dans la lutte contre la pollution.

Sur la table de Véronique Moh, on s’en prend plein la vue. Ici des colliers. Là des bracelets assortis de boucles d’oreilles. Plus loin un sac à main ou encore d’autres accessoires de beauté et de décoration d’intérieur. Elle les brandit fièrement à la foule qui s’est amassée autour de son stand.

Les visiteurs à qui elle explique restent bouche-bée. « Tout cela est confectionné à la main, mais surtout à partir de bouteilles en plastique », précise-t-elle. « Incroyable ! », exulte un participant à la cérémonie.

Quand son le temps lui permet, la jeune dame parcourt les artères de son quartier pour ramasser les bouteilles en plastiques et leur donner une seconde beauté… une autre vie. Fondues, remodelées, cousues, assemblées, peinturlurées, polies… les bouteilles de plastique reprennent un autre visage plus beau.

Sensibiliser autrement

Comptable de profession, Véronique est bricoleuse à ses heures perdues. Depuis toujours. Mais depuis un an maintenant elle porte un combat : « C’est une manière de lutter contre l’insalubrité ».

Pour Véronique, il faut changer le discours. « Il faut prêcher un autre message », suggère-t-elle. « On a l’habitude de dire aux gens ne jetez pas les ordures, mais ce message doit être transformé. Il faut plutôt prêcher le recyclage. Ce qu’on pense être un déchet est une matière première pour quelqu’un d’autre. Voire une source de revenu », ajoute Véronique Moh. « Si tout le monde se met dans le recyclage chacun sera le gardien de ses déchets », présage-t-elle en souriant.

Créer sa marque, transmettre le savoir !

Devant l’engouement que suscitent ses articles, Véronique envisage une reconversion. « Peut-être pas tout de suite, mais je voudrais lancer une marque de vêtements et d’accessoires faits entièrement à base de déchets plastiques », annonce-t-elle. Et au fond de sa tête trotte une envie de ne pas être la seule à le faire. « Un espace comme le Yop Crea Lab peut me permettre de partager à d’autres cette technique de fabrication ».

Et cette transmission commence chez elle à la maison. Avec sa fillette qui l’accompagne lors de ses expositions du week-end. « Je veux dès à présent lui donner le goût du recyclage. Plutôt nous sensibilisons nos enfants, plus vite nous créons une génération de personnes mieux éduquées sur les questions de la gestion des déchets plastiques et de la pollution plus globalement », conclue Véronique en regardant sa table se vider au fur et à mesure. A sa grande satisfaction.

Photos : Jacques Kouao.