Les seuls souvenirs que j’ai de cette école, c’est mon petit déjeuner que la maîtresse rangeait dans mon cartable et quelques brides de discussions dans la cours de récréation. Je devais avoir 3 ou 4 ans. J’étais à la maternelle aux « Anges Noirs d’Abobo » à la Sogephia.
Ce vendredi 7 décembre 2018, je suis retourné là où tout a commencé. Les choses ont bien changé. L’école aussi. Mais, il y a ce visage qui m’est revenu. Je ne sais pourquoi. Monsieur Kouaho, aujourd’hui patron de l’établissement. 37 ans qu’il est dans l’école. D’abord comme instituteur, puis, directeur depuis une dizaine d’années. J’ai revu mon ancienne classe de « moyenne section ». Elle est occupée par d’autres élèves de l’école primaire.
Les choses ont beaucoup changé. Certaines se sont dégradées. Les plafonds sont gagnés par la moisissure. Les murs ont perdu de leur éclat. Les bancs n’ont pas été changés depuis de nombreuses années. La fondatrice, centenaire aujourd’hui, n’a pas plus la force de tout suivre. Qu’à cela ne tienne, les enseignants refusent de se laisser abattre. « Malgré toutes ces difficultés, nous avons toujours 100% aux résultats du CEPE », lance fièrement l’actuel directeur. « L’un de nos principaux problèmes, c’est que la plupart des parents ne règlent pas totalement la scolarité. Nous nous retrouvons avec des déficits dans nos caisses. Le recouvrement que nous engageons rencontre des parents d’élèves sans emploi, désorientés et qui implorent la clémence », raconte-t-il. « Nous n’avons pas ce cœur pour mettre un enfant dehors pendant longtemps », renchérit une institutrice. Priorité à l’instruction des enfants. « Nous donnons le maximum pour qu’ils apprennent le maximum », ajoute le premier responsable de l’établissement.
J’ai promis de contacter quelques anciens afin d’apporter notre pierre à (la restauration de) l’édifice. Nous devons le faire. C’est un devoir de reconnaissance.