Dans nos tournées, nous avons appris autant que nous avons parlé. Surtout sur la tradition. Chez les peuples autochtones comme chez les allogènes, le rituel est presque toujours le même. Il commence par l’accueil.
On propose de l’eau au visiteur. Celui-ci l’accepte et la boit. Ou fait savoir qu’il l’accepte sans la boire, s’il n’en a pas envie. Dans certains villages, une boisson forte est proposée, puis servie à tous ceux qui participent à la rencontre, en commençant toujours par le chef. Rien n’est laissé au hasard. Chaque geste a un sens.

Ensuite, viennent « les nouvelles ». Demander les nouvelles, ce n’est pas bavarder. C’est annoncer l’objet de la visite. Chaque partie désigne alors un porte-parole. Ce sont eux qui échangent. Ils parlent, traduisent, expliquent. Du Français au Dida. Parfois du français au français. Mais toujours avec précision. Et avec respect. Il faut d’abord dire : « Nous sommes venus vous saluer ». Dire que « c’est un bonjour ». Ou un bonsoir. Le porte-parole de ceux qui reçoivent répond que, chez eux, tout va bien. Qu’ils ont appris la visite. Qu’ils (nous) attendaient. Puis vient la relance : « la nouvelle de derrière ». Dis aussi plus simplement : « le derrière ».
C’est à ce moment-là seulement que l’on peut donner le vrai motif de sa présence.
Le chef parle en dernier. Toujours. Il porte avec lui l’histoire, les équilibres et les attentes de sa communauté.
Vient enfin le moment des présents. Boisson forte. Soda. Du sel pour les femmes. Et l’incontournable enveloppe. Jamais exigée. Souvent attendue.
Cette tournée à Divo nous a réconciliés avec certains us et avec le respect dû aux aînés. Mais dans ces rites, dans ces usages, une présence revient toujours. Discrète. Constante. Indispensable : celle des femmes. À suivre…