Dans le village de Grobiassoumé, après une tornade et des vents violents, une partie de la toiture du centre de santé est toujours décoiffée. L’eau s’infiltre. Les populations crient à l’aide. Leurs voix sont devenues aphones. Les autorités interpellées font la sourde oreille. Pendant ce temps, les bâtiments se dégradent. Le matériel de la maternité devient vétuste. Au fil des mois. Au fils des ans.
Pourtant, les agents de santé continuent de faire preuve de professionnalisme, dans des conditions difficiles. « Voici où vit le personnel de santé. Femmes et hommes dans une seule pièce. » La question fuse, directe : est-ce normal ?
Un notable pointe du doigt un minuscule bâtiment servant de dortoir à l’infirmier et à la sage-femme. « Le Conseil régional avait promis de construire d’autres bâtiments. Il y a des années, ils ont déposé du sable… puis plus rien », souffle quelqu’un en montrant ce qui reste d’un monticule abandonné.

Le spectacle nous fend le cœur. Nous en parlons à des amis, à des partenaires, à Abidjan et ailleurs dans le monde. En 48 heures, le montant est réuni. L’argent est remis à la chefferie. Les travaux peuvent commencer. Trois semaines plus tard, un bâtiment flambant neuf se dresse. Il rayonne. Simplement. Dignement.
Le jour de la cérémonie de remise officielle, du matériel médical est également offert à la maternité. Il manque encore des choses. Deux lits d’accouchement. Des lampes chauffantes. Un appareil de réanimation pour les enfants. Trop lourd pour nos poches seules. Mais déjà, des partenaires se manifestent. Et d’autres peuvent encore le faire.
Grobiassoumé n’est pas un cas isolé. À Gly, le village de mon colistier, nous avons aussi choisi d’agir. À suivre…