« Ce n’est pas très loin. À partir de Gnéhiri, vous laissez vos voitures au bas de la montagne et vous marchez quelques minutes ». Nous décidons de suivre ces paroles rassurantes. Surtout, nous voulons comprendre pourquoi tant d’hommes politiques rechignent à se rendre dans ce village.
La marche commence. Nous sommes confiants. Un peu trop confiants.
Au fil des minutes, nous nous enfonçons dans une forêt. La pente devient plus raide. Les plus vigoureux, les habitués, prennent de la distance. Je ralentis. Je n’étais pas préparé à ce sport-là. Ma chemise est inondée de sueur. Les deux bouteilles d’eau n’ont pas suffi.
Presque deux heures de marche plus tard, nous voici enfin à Tokoré. La voie d’accès est inexistante. Difficile d’y arriver en voiture. Même les motos peinent. « C’est notre calvaire quotidien. Lorsqu’il y a des événements ou des rencontres, c’est nous qui descendons. Nous sommes abandonnés », raconte le chef du village, tout en nous félicitant pour « l’exploit et la considération ».
Dans ce village isolé, pas d’eau. Pas d’électricité. Pas de réseau de téléphonie. (nous sommes en novembre 2025). De longues minutes d’échanges suivent. Nous expliquons notre vision : porter la voix de tous les villages, sans exception, et plaider pour leur accessibilité. Pour que plus aucun village ne soit laissé de côté. Puis vient le temps de repartir. De redescendre. C’est moins pénible. Mais tout aussi long.
Ce jour-là, nous comprenons une chose essentielle : écouter ne suffit pas toujours. Voir oblige. Et parfois, face à l’urgence, il faut agir immédiatement.
Dans plusieurs villages, nous choisissons de poser des actions concrètes, modestes mais nécessaires, pour répondre aux problèmes les plus urgents des populations. À suivre…