AGANON Épisode 13/44 : Pour celles qui (nous) portent

Edwige Grah. Ici, beaucoup l’appellent simplement « Maman ».

Dans les sept cantons de notre département de Divo, son nom n’est pas seulement connu : il est reconnu. Car il rassure, il relie, il oriente.

Une leader respectée. Écoutée. Crédible. Une femme autour de qui gravitent des milliers d’autres, présentes dans chaque village, comme une constellation fidèle. Des grand-mères aux pas lents. Des mères au regard ferme. Des tantes, des sœurs, des nièces, des filles, des amies…Toute une généalogie debout.

Avec nous, elle se sont engagées sans réserve. Sans calcul. Sans rien attendre en retour. Elles ont porté notre projet comme on porte un enfant. Avec patience, avec endurance, avec foi. « Nous soutenons notre fils », ont-elles proclamé. Et leurs mots avaient la densité d’un serment.

Ces « Amazones » ont chanté. Dansé. Crié. Prié quand il le fallait. Elles ont donné leur temps comme on offre une part de sa vie.

Ce qu’elles ont accompli dépasse la géographie d’un projet. Elles ont réveillé quelque chose de plus ancien que nous. Une mémoire. Un lien. Une architecture invisible qui organise encore nos sociétés. Car ici, chez les Didas, l’appartenance ne se dit pas seulement avec des mots. Elle se transmet. Elle se reconnaît. Elle se vit à travers quatre grandes familles : les Labato, les Sakoto, les Nagato et les Gnidito.

Cette force silencieuse, ce pouvoir de transmission, cette géographie du matriarcat, je vous le raconte dans le prochain épisode. À suivre…


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