AGANON. Épisode 4/44 : Le temps de l’écoute

Divo. Dans la tournée des villages. Après avoir vu, il a fallu écouter. S’asseoir, prendre le temps, laisser les mots venir.

Au départ, il y a une timidité qui s’installe. Peut-être aussi la résignation chez certains. Puis quand une personne dénonce, une autre explose. Parfois des cris de colère, souvent des sanglots. « Nous sommes abandonnés »…Cela revient presque partout. Le besoin d’une présence. Pas ponctuelle. Pas électorale. Une présence constante, visible, engagée.

Beaucoup racontent la même chose : « On les voit pendant les campagnes, puis plus rien. Après les élections, le silence », fustigent presque en chœur les populations. Elles ont l’impression de ne plus compter.

Dans les villages, on parle de routes promises, d’eau annoncée, d’électricité attendue. Et parfois, ce n’est pas tant la promesse non tenue qui fatigue, mais l’absence d’explications, l’absence de retour, l’absence de dialogue et… de considérations.

Beaucoup ne demandent pas des miracles. Ils demandent du respect. Être écoutés. Être considérés. Savoir à qui parler. Savoir que quelqu’un peut revenir, même sans micro, même sans meeting. « Il nous faut quelqu’un d’ici », murmurent des jeunes. Pas un sauveur. Pas un homme providentiel. Juste un fils du terroir. Quelqu’un qui connaît les chemins, les saisons, les réalités. Quelqu’un qui revient.

Ces paroles, je les ai prises comme une responsabilité à assumer. Alors il ne suffisait plus d’écouter. Il fallait aller plus loin : expliquer une ambition. Partager une vision. Nous l’avons fait dans les sept cantons. À suivre.


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