Revenir à Divo, c’est découvrir le réel. Celui qui ne s’arrange pas. Celui qui ne se maquille pas. Toucher du doigt et des pieds les réalités rudes, dures et rugueuses.
Village après village, la même photographie s’impose. Le chômage qui s’installe durablement. Des jeunes sans activité, sans perspectives claires, souvent livrés à eux-mêmes. La drogue circule plus facilement que l’emploi. Des repères qui se perdent. Des silences qui inquiètent.
Des femmes debout. Courageuses. Présentes. Mais trop souvent seules. Peu soutenues. Obligées de tenir quand tout manque autour d’elles.

Les routes, ou plutôt leur absence. Des villages sans voies bitumées. Des pistes dégradées, impraticables en saison des pluies. Des zones presque coupées du reste du monde. Tokoré, par exemple. Ce village sur la « montagne ». Rarement visité. Rarement rejoint. Comme s’il n’existait qu’à moitié. L’eau potable manque. L’électricité aussi. (On en parle dans l’épisode 16).
Dans plusieurs villages, la nuit tombe tôt. Très tôt. Et avec elle, l’isolement.
Et pourtant, le département de Divo compte deux sièges à l’Assemblée nationale.
Deux députés. Des noms connus pendant les campagnes électorales. Puis presque plus rien. Presque pas de présence. Pas de retours. Pas d’écoute.
Dans mes tournées, d’un côté, il y a ce que j’ai vu, et de l’autre côté, il y a ce que racontent les populations. À suivre…